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Éléments indispensables du déconfinement, les brigades sanitaires font leur apparition dès le 11 mai. Elles sont chargées d’enquêter sur l’entourage des malades pour repérer les personnes potentiellement contaminées et les inviter à se faire tester. Brigades « d’anges gardiens » selon le ministre de la santé, Olivier Véran, leur rôle est d’assurer la protection des malades et des personnes potentiellement infectées afin de casser les chaînes de contamination.

Le premier mot 

Le mot vient du latin brigata, « troupe, bande » pour désigner une troupe militaire ou d’ouvriers. C’est un dérivé de briga qui signifie « querelle ou lutte » mais également troupe. Le mot désignait initialement une unité militaire placée sous l’autorité d’un chef. À partir du XIXème siècle, il est utilisé dans divers domaines afin de désigner une corporation  ou un corps de métier.

Trouvant ses origines dans la même racine briga, le terme brigand désignait initialement le soldat à pied faisant partie d’une compagnie. C’est à la fin du XVème siècle que le mot a évolué vers la signification de bandit, peut-être suite aux pillages auxquels se livraient les bandes armées.

À mots couverts

En cuisine, la brigade désigne l’équipe mise en place dans les grands restaurant. La brigade est dirigée par le chef de cuisine. Pour le seconder, le chef a sous son autorité un ou plusieurs sous-chefs (ou seconds de cuisine), et chefs de partie. Ce terme a été repris pour la première fois par le chef français Auguste Escoffier à son retour de l’armée durant la guerre franco-prussienne de 1870. Dans ses cuisines, une organisation et une discipline militaires avaient donc été instaurées pour gagner en efficacité. Il développe ainsi le concept de « brigade de cuisine », en rationalisant la répartition des tâches dans l’équipe.

Le fin mot de l’histoire

Les brigades de police mobiles sont créées par décret le 30 décembre 1907, sur les conseils de Célestin Hennion et à l’initiative de Georges Clémenceau. Elles semblent également trouver leur origine dans la terrible affaire Pollet, une bande sanguinaire ayant commis de nombreux crimes et qui relança le débat national sur la peine de mort. Ces brigades nomades, au nombre de 12, avaient pour fonction de poursuivre, avec le concours des polices locales, les malfaiteurs, y compris à l’étranger. Ces brigades étaient très modernes pour l’époque, se déplaçant en voiture et mettant en place les prémices de l’investigation scientifique en s’appuyant sur les empreintes digitales.

Les brigades, sont passées à la postérité sous le nom de « Brigades du Tigre », en souvenir du surnom donné à Georges Clemenceau. Le logo actuel de la Direction de la police judiciaire représente d’ailleurs un tigre noir sur fond blanc ; et à droite de l’animal, on distingue le profil du visage de Georges Clemenceau. Depuis plus d’un siècle, ces brigades ont résolu de très nombreuses affaires criminelles, depuis la bande à Bonnot, en passant par l’affaire Landru et Petiot. Cette unité de police donnera lieu à la réalisation de la série culte du même nom dans les années 70 avec le trio de policiers Valentin, Pujol et Terrasson.

Entre la brigade de cuisine et la brigade du tigre, nous ne sommes plus très loin des bœuf-carottes ! Reste à espérer que les brigades sanitaires veilleront au grain pour éviter de faire chou blanc !