Territoire

Territoire

Le 30 juillet 2020, le Premier ministre, Jean Castex signe un accord de partenariat avec les régions de France, un premier pas vers la reconquête des territoires. Le mot est d’ailleurs prononcé à 25 reprises lors de son discours de politique générale à l’Assemblée Nationale. L’objectif du Premier ministre est clair : il faut renouer le dialogue entre Paris et les régions, être sur le terrain ! Entre enjeu du pouvoir ou produit du pouvoir, il est temps de découvrir ce qu’est un territoire.

Le premier mot

Territoire vient du latin territorium construit sur le dérivé de terra, la terre, qui signifie en latin classique « étendue sur laquelle vit un groupe humain » et en latin chrétien « pays, paysage ». Le mot se répand sous l’influence de Montesquieu et Rousseau) afin de désigner le terrain sur lequel est établie une communauté qui relève d’une juridiction. Ainsi, cette étendu n’est pas uniquement géographique puisqu’elle tient compte des réalités économiques, sociales mais aussi politiques, incluant, de facto des limites, voire des frontières. Dans son ouvrage Qu’est-ce que le territoire?, Claude Raffestin résume ainsi : « L’espace est un enjeu de pouvoir, tandis que le territoire est un produit du pouvoir »

Mot à mot

Souvent confondu avec territoire, le mot terroir n’a pas d’équivalent dans les autres langues. La définition de terroir repose sur l’agronomie pour qualifier des terres reconnues pour leur aptitude agricole à fournir des produits spécifiques mais également sur la géographie pour qualifier une province, une zone bien identifiée conservant des habitudes et des goûts ruraux. Ainsi, le terroir, à la différence du territoire, met en avant des produits et l’attachement à ces produits, des pratiques dans un espace bien défini. C’est à la fois une reconnaissance du savoir-faire, de la culture locale, l’histoire autour du produit et l’attachement au caractère distinctif. Si le territoire est le lieu de l’identité le terroir est définitivement le lieu du cœur.

Le fin mot de l’histoire

Et la banlieue dans tout cela ? Issu du latin médiéval, Il faut remonter au XIe siècle pour saisir l’origine du mot. Tiré du latin médiéval, «banlieue» est composée de ban et lieue. Le ban se rattache au verbe germanique bannan qui signifie « commander ou défendre sous menace de peine ». Le mot français désigne la convocation faite par le suzerain à ses vassaux. Ainsi, au Moyen-Âge, on convoquait le ban et l’arrière-ban. La lieue, dérivé du latin leuca, indique une distance de 4 kilomètres. Ainsi à cette époque, la banlieue désignait l’espace d’une lieue qui séparait les habitants vivant sous une même juridiction. C’est au XVIIe siècle que le mot «banlieue» est amené à désigner les environs de la ville alors qu’elle était campagne. Bannie de la ville tout en y étant rattachée, la banlieue semble être étymologiquement au ban de la société. Nous ne sommes plus très éloignés du ghetto, emprunt à l’italien ghetto, île sur laquelle les juifs de Venise étaient assignés à résidence à partir 1516. C’est en 1797 que Napoléon fera tomber les murs du ghetto de Venise.

Ainsi, entre des territoires à reconquérir et une banlieue bannie, il est désormais temps de battre campagne.

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