Récession

Récession

Lors de son allocution du 28 mai 2020, Édouard Philippe l’annonce : « la liberté va devenir la règle, et l’interdiction, l’exception ». Oui, mais voilà, comme souligné à de nombreuses reprises par les économistes, après cette période de crise sanitaire, nous entrons désormais dans une crise économique et sociale, qui s’accompagnera inévitablement d’une récession. Le terme est d’ailleurs utilisé deux fois par le Premier ministre. Mais face à la période critique, devons-nous parler de récession ou de dépression ?

Le premier mot 

Le mot récession vient du latin recessio qui désigne l’action de s’éloigner, terme formé avec le préfixe –re qui indique le mouvement en arrière. Initialement utilisé dans le domaine de l’astronomie, notamment pour parler du mouvement des nébuleuses, il indiquait l’éloignement progressif des nébuleuses extragalactiques avec des vitesses proportionnelles à leurs distances. C’est ici le phénomène du Big Bang qui est expliqué. En français, son usage en économie date de 1954, traduction de l’anglais recession, apparu en 1920 aux États-Unis et reposant sur la même origine latine. Il traduit ici une crise mineure, alors même qu’il résonne à nos oreilles comme une crise majeure.

Mot à mot

De quoi parle-t-on lorsque l’on utilise le terme récession ? Il s’agit d’une rétractation de l’économie pendant plus de 6 mois consécutifs. La croissance de la France ayant été négative au dernier trimestre 2019, puis au premier de 2020, nous sommes bien entrés dans cette période. Lors du dernier siècle, la France, a connu quatre récessions, 1909, 1974, 1993 et 2008.

Si le ralentissement de l’activité économique prend un caractère cumulatif et n’est pas enrayé, la récession peut alors déboucher sur une dépression. Celle-ci correspond à une forte baisse de la production et de la consommation sur une période longue, engendrant une baisse du PIB sur plusieurs années. La dernière grande dépression fut celle des années 30 aux États-Unis.

A mots couverts

Jeudi 24 octobre 1929, les États-Unis vivent un krach boursier, qui tire ses origines de l’explosion d’une bulle spéculative. Il aura suffi de six jours, entre le Black Thursday du 24 octobre et le Black Tuesday du 29, pour faire chuter la Bourse de Wall Street. Malgré une tentative des banques pour redresser la barre, les pertes s’élèveront à 30 milliards de dollars, soit 30% du PIB du pays. La crise se propage ensuite aux entreprises, qui se retrouvent en faillite ou endettées et qui licencient en masse. Fin 1929, 15% des Américains actifs se retrouvent sans emploi, ils sont 25% en 1933. Il n’existe alors aucune assurance chômage et les ménages sont endettés. C’est le début de la Grande Dépression.

Afin de redynamiser l’économie, les commerçants auront l’idée d’instaurer le Black Friday, jour de soldes monstres, arrivé également en France il y a quelques années…

Pourrions-nous revivre cette situation ? Entre un capitalisme à bout de souffle et la crise sanitaire que nous venons de traverser, rien n’est moins sûr. Quoi qu’il en soit, entre Big Bang et dépression, les risques de la récession que nous traversons nous conduisent assurément à une période troublée.

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