Mission

Mission

Le premier mot

S’il est des acronymes qu’on n’oublie pas – sans forcément en connaître le sens précis -, c’est bien celui de PACTE : Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises. Sur toutes les lèvres en 2019, la loi qui porte son nom a finalement été promulguée en mai dernier.  Ayant pour ambition la simplification de la vie et le développement des entreprises, PACTE déploie un arsenal de mesures aussi bien concrètes, à visée économique, que sociétales, puisqu’elle se teinte d’un idéal de responsabilité et d’engagement, bien au-delà du sacro-saint ROI.

C’est dans ce texte, à l’article 176, que le terme de « mission », accolé à celui de « société », apparaît. Une « société peut faire publiquement état de la qualité de société à mission », avec des « statuts (précisant) un ou plusieurs objectifs sociaux et environnementaux que la société se donne pour mission de poursuivre dans le cadre de son activité ». 

Alors, de quoi cette mission est-elle le nom ?

Mot pour mot

Le mot Mission vient du latin missio, dérivé de mitterre pris au sens « d’envoyer ». Les gladiateurs avaient recours à l’expression « sine missione » pour qualifier un combat jusqu’à la mort c’est-à-dire littéralement sans répit. Utilisé en ancien français, avec le sens de frais, dépenses, il a donné le verbe missionner avec le sens de dépenser. 

Initialement le mot mission se limitait au sens religieux : « délégation de Jésus-Christ », qui donnera par exemple le terme de missionnaire. Au XVIème, il prend également le sens de libération, que l’on retrouve dans le mot émission, par exemple émission de gaz à effets de serre. C’est seulement au XVIIème siècle qu’il signifiera l’idée d’accomplir une tâche, d’un pouvoir donné pour faire. 

Le fin mot de l’histoire

À travers cette dénomination d’entreprise à mission c’est la consécration de l’intérêt général permettant de définir la raison d’être de l’entreprise. Toute structure peut accéder à ce statut, dès lors qu’elle aura identifié la mission à laquelle elle souhaite répondre, qu’il s’agisse de protection de l’environnement, de revitalisation régionale, d’insertion du handicap…Un nouveau rôle est désormais donné à l’entreprise, dont on n’attend plus uniquement qu’elle fasse de l’économie, mais qu’elle prenne également une dimension sociale et sociétale. Mais attention au greenwashing ! Restera à vérifier, sur la durée, que les entreprises engagées le sont réellement. 

L’opinion publique est de plus en plus consciente de son poids, de son rôle face aux entreprises dont elle peut modifier les comportements. De consommateur, le client est même en passe de devenir un investisseur avec des nouveaux produits financiers responsables. Et si l’entreprise faisait désormais résonner respect des convictions et performance ? C’est le nouveau pacte qu’il nous est proposé de mettre en place. A la fin du XIXème siècle, les Français, à eux seuls, constituent près des trois-quarts des missionnaires catholiques dans le monde. Ils sont également présents en Belgique. C’est d’ailleurs le sujet abordé par le célèbre – mais également controversé – album de Tintin au Congo. On y retrouve cette réplique de Milou : « quels as ces missionnaires ! ». 

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