Empreinte

Empreinte

UBGM – filaire

Le premier mot

Un poumon vert, en cendres… C’est le résultat des dizaines de milliers d’incendies qui ont ravagé la forêt amazonienne l’été dernier. Une situation dramatique, qui a ému l’opinion publique internationale et suscité une réelle prise de conscience de la part des plus grands dirigeants de la planète, réunis lors du sommet du G7.

Derrière cette tragédie, le signe d’une fonction régulatrice du climat qui se détraque, et la révélation de notre propension continue à abuser de la planète.

Trente ans après le petit pas de l’homme sur la Lune, timide mais valeureuse empreinte de la conquête spatiale, c’est l’avènement d’une nouvelle empreinte sur la planète, devenue cette fois trop grande, embarrassante… Une empreinte en forme de menace.

Mot pour mot

Empreinte vient du latin imprimere qui signifie « appuyer sur », qui donnera plus tard imprimer. Initialement, l’empreinte est la marque laissée par un corps que l’on presse sur une surface, d’où le sens figuré de marque profonde gravée.

Ce terme ne doit pas être confondu avec emprunter, mot provenant du latin classique juridique, qui indique une avance d’argent.

Le fin mot de l’histoire 

Intéressons-nous à un des usages modernes de ce mot… Empreinte digitale ou empreinte numérique, nous sommes en pleine confusion des genres. Parfois utilisées indistinctement, ces expressions sont pourtant très étrangères l’une à l’autre.

Digitalis signifie en latin « relatif au doigt », mais en anglo-saxon digital signifie « qui opère des données discrètes et non continues ». Il vient en fait d’un ancien terme anglais d’arithmétique qui désignait les nombres inférieurs à dix, soit les nombres que l’on pouvait compter… avec ses doigts !

Le mot s’est ensuite répandu aux États-Unis avec l’avènement de l’informatique. Ainsi, lorsqu’on parle d’empreintes digitales, c’est bien du dessin des dermatoglyphes (plis et rainures des doigts) dont il s’agit, une empreinte propre à chaque individu et donc unique. Tandis que lorsqu’on parle d’empreinte numérique, c’est la pollution des usages Internet qui est pointée du doigt, il semblerait même que 30 % des nouveau-nés aient une empreinte numérique avant même leur naissance…

Une histoire à s’en mordre les doigts !

Le mot de la fin

Empreinte, impression… Et la communication dans tout cela ? En anglais, pour parler de marque, il est possible d’utiliser brand ou mark. Le premier, dans un contexte technique et le second, dans le langage courant. À l’inverse, en français, nous utilisons le même terme de marque pour désigner une empreinte sur quelque chose ou quelqu’un, ou pour évoquer le signe permettant d’identifier un produit ou un service.

Le mot marque vient du scandinave médiéval merki qui signifie marque, borne, qui a donné également marcher. À la même époque, il s’applique au domaine professionnel en qualité de signe distinctif apposé sur un objet par son fabricant.

En anglais le terme brand vient du proto-germanique brandaz qui signifie brûler, d’où son utilisation pour indiquer la marque faite sur un animal brûlé au fer par son cow-boy de propriétaire. En ancien français, il a donné brand pour désigner l’épée.

Bref, si le branding existe pour tatouer la marque dans l’esprit du consommateur, il n’y a qu’un pas pour grossir le trait et estimer qu’il « marque au fer ». Gageons toutefois que les marques sauront communiquer avec mesure, pour s’adresser à des « consom’acteurs » avertis et soucieux de leur empreinte, environnementale cette fois…

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