Concorde

Concorde

La volonté de rassembler. C’est ce qui ressort de l’allocution du président de la République le 14 juin 2020 : « c’est dans cet esprit de concorde que j’ai demandé aux présidents des deux chambres parlementaires et du Conseil économique, social et environnemental de proposer quelques priorités susceptibles de rassembler le plus grand nombre ». Le cap est donné, rendez-vous en juillet pour des propositions censées apporter apaisement et harmonie.

Le premier mot 

Le mot concorde est construit sur le préfixe latin cum qui signifie avec, et cors, le cœur, pour traduire l’union des cœurs et l’accord entre plusieurs personnes. On retrouve la même construction pour son antonyme, discorde pour traduire un désaccord.

Le verbe s’accorder, que l’on retrouve dans le domaine musical, reflète bien cette notion d’harmonie. Ainsi, chaque instrumentiste s’accorde, afin de pouvoir jouer en harmonie avec l’orchestre. En grec ancien, le mot homonoia était utilisé pour définir cette concorde latine. Chez Platon, ce mot traduit une identité de pensée, une même conception du monde, une même idéologie pour la cité entre les hommes. Cette idée de société unie de Platon ne sera pas celle de Cicéron, pour qui l’unité de la population est impossible dans la société romaine.

Mot à mot

Concordia (Concorde), déesse du paganisme, est représentée dans l’allégorie politique du XVe siècle par les instruments à cordes. La musique et ses instruments, symbolisent la tempérance, l’harmonie et la concorde. Cette allégorie repose sur le rapprochement établi par Platon (Les lois, livre 2) entre l’homme politique et le musicien, tous deux recherchant l’harmonie.

On retrouve ainsi, dans de nombreux portraits de rois, des monarques dotés d’un instrument de musique et de partitions, incarnant l’idée d’un État dirigé avec tempérance et harmonie. Les instruments à cordes, tels que la lyre et le luth incarnent ce concept de concorde.

A mots couverts

La place de la Concorde a été créée entre 1755 et 1775, à l’initiative du roi Louis XV. L’architecte, Ange-Jacques Gabriel (1698-1782), lui donne la forme d’un octogone et y réalise les hôtels. Cet espace, centré sur une statue du roi, est délimité par des balustrades qui surplombent de profonds fossés, au fond desquels se cachent des jardins.

Durant la Révolution de 1789, la place devient l’épicentre de la tourmente. La statue de Louis XV est remplacée par la Liberté, déesse drapée à la romaine, coiffée d’un bonnet phrygien, qui tient un sceptre.

Elle sera réaménagée sous la monarchie de juillet par Louis-Philippe et reprendra son nom de place de la Concorde après s’être fait appeler place Louis XV, place de la Révolution, place de la Concorde, place Louis XVI. Il y fait ériger au centre un obélisque en granit rose, datant du XIIe siècle avant JC, offert à Charles X par Méhémet Ali, vice-roi et Pacha d’Égypte.

Envisageons positivement cet élan d’unité, en espérant que la pomme de discorde ne déclenche pas un conflit, au même titre que la guerre de Troie… dont l’origine fut cette pomme, jetée à l’occasion du repas de noces de Pélée et Thétis.

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